Saint-Ouen réclame des renforts

  • Par sophie123
  • Le 29/09/2009
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Saint-Ouen réclame des renforts

Fusillade . Deux jeunes hommes ont été tués par balles samedi, en plein après-midi, dans la cité Arago.

L’émotion était perceptible hier, à Saint-Ouen où, la veille, deux hommes de vingt-huit et vingt-neuf ans sont morts tués par balles, en plein après-midi, dans une cité de la ville dénommée Arago. « Quand on a appris ça hier, j’ai appelé ma fille et elle a fondu en larmes : elle était allée à l’école avec Moussa », raconte ainsi Abdallah, qui préside une toute nouvelle association, Mosaïque (1), organisatrice d’un repas de quartier qui se tenait au même moment, « à cinquante mètres » de l’endroit où les faits se sont déroulés. « Ce n’est pas ça Saint-Ouen, je ne reconnais pas ma ville », commente une habitante, qui résume l’incrédulité d’une population qui a vu la violence s’emballer ces derniers mois, sur fond de trafic de drogue.

Un règlement de comptes entre trafiquants est en effet la piste privilégiée par les enquêteurs pour expliquer le drame de la veille. Les deux jeunes victimes venaient de purger des peines de prison pour trafic de drogue.

« Il s’agit de grand banditisme, pas d’un problème lié aux problématiques que nous avons pu connaître jusqu’à présent », a expliqué à l’Humanité Jacqueline Rouillon, la maire (PCF) de la ville, en marge d’une conférence de presse tenue en commun avec son homologue de Saint-Denis, Didier Paillard (PCF), et le député communiste et président de la communauté d’agglomération Plaine Commune, Patrick Braouezec. D’une même voix, les élus ont réclamé (et obtenu, pour demain soir) un rendez-vous avec le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, afin de réclamer « le démantèlement des trafics » et « une présence policière renforcée ».

Pour la maire, « il y a quatre endroits identifiés dans la ville comme des lieux de non-droit aux mains des dealers ». Des lieux où, selon les habitants, les trafiquants sont épaulés par des guetteurs, et disparaissent dès qu’un véhicule de police approche. « Il faut une véritable investigation, et rétablir la police de proximité. Ce qui se passe n’est pas du ressort de la police municipale », complète un élu pour qui clients et vendeurs viennent de tout le département, et même des départements voisins. « On voit même des voitures immatriculées en Belgique, en Allemagne ou dans le Nord de la France », complète-t-il. Début juillet, déjà, un jeune homme de vingt ans avait été abattu par balles, en plein centre-ville.

(1) L’association appelle à un rassemblement silencieux ce soir à 19 heures devant la sortie Arago de la station Saint-Ouen du RER C. Contact : audonien93@live.fr

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